patrickisabelle.com

Information

This article was written on 10 Mar 2014, and is filled under Blog, Livres, Tranche de vie.

Je suis content

Je suis content.

Je suis content, parce que Eux fait finalement son petit chemin de roman et que je commence à en recevoir les échos. C’est un concept bizarre pour moi, que je n’avais pas tout à fait réalisé lors de la sortie de mon premier roman. Une fois publié, ce que j’ai créé ne m’appartient plus. C’est là, dans le grand monde, à la portée de tous, et je n’ai plus aucune emprise sur mon oeuvre. Je ne peux que récolter l’effet, l’après-coup.

Il y a 10 jours, le coup est venu d’une blogueuse dont, je l’avoue, j’ignorais l’existence. Ma première critique assassine! Sur le coup, j’ai été plutôt choqué. Et puis j’ai vite réalisé que cette personne avait tout à fait droit à son opinion, malgré le fait que je ne crois pas qu’elle ait tout à fait saisi l’esprit de mon roman. Néanmoins, elle l’a reçu comme elle devait le recevoir et en a fait le terrible constat dans un billet assez mesquin pour qui bon avait envie de le lire. Comme je suis heureux d’avoir mes détracteurs, je vous invite à lire son compte-rendu en cliquant ici. «Il est dommage de constater que la plume pourtant bien tournée de Patrick Isabelle aura servi à écrire une oeuvre réductrice et sans originalité.» Ça fait mal, certes. Je pourrais m’en défendre. Mais non. Jean Cocteau a écrit: «Les critiques jugent les œuvres et ne savent pas qu’ils sont jugés par elles.» Ça résume assez bien ce que je pense.

J’ai vite effacé ces mots de mon esprit en décidant d’en rire. Je ne pourrai jamais faire l’unanimité. Merde, j’espère ne jamais faire l’unanimité! Je veux qu’on me lise, point. Avec ce désir vient inévitablement le jugement. Ça vient avec le terrain. Je voulais faire réagir en écrivant Eux… j’ai été servi.

Et puis on m’a invité à la délicieuse émission de radio Catherine et Laurent  pour parler de mon roman. J’ai été accueilli chaleureusement par un Gilles Payer enthousiaste qui avait lu et beaucoup aimé mon petit roman. Du coup, je me suis dit que mon éditeur, Maxime, avait eu bien raison de croire en l’utilité de mon histoire, qu’il n’était pas le seul. Évidemment, j’ai reçu des éloges des gens qui m’entouraient, de collègues de travail aussi, pour qui je voue une grande admiration et un grand respect. J’ai eu des échos de commentaires, ici et là, en faveur de mon roman, de mon écriture. C’est cependant toujours agréable de se le faire dire de vive voix par de purs inconnus!

Aujourd’hui, je découvre par le biais de Facebook qu’un site bien en vue sur la littérature, Livresquement boulimique,  me prodigue une critique plus que bonne. «Eux: Un roman brillant et sensible…» Yannick Ollassa, aussi connue sous le nom de «La bouquineuse boulimique», me flatte et m’enfle la tête.

Je suis content. Content d’être lu. Content de me savoir lu. J’accepte les bons mots. J’appréhende les moins bons. Mais je suis lu. C’est l’essentiel. Et au final, tout ce que je peux souhaiter, c’est que mon roman aura sa vie bien à lui, que mon histoire dépasse tout cela et rejoigne son public cible. J’ai écrit Eux pour brasser, pour réveiller, pour faire prendre conscience. Si on en parle, tant mieux! Que ce soit en mal, en bien, peu m’importe. Pourvu qu’on en parle!

Je serai dans La Presse, quelque part cette semaine. J’en suis emballé et fier, c’est sûr! Mais le 18 mars prochain, je vais à la rencontre d’ados dans une école secondaire, dans le cadre de leur semaine du livre. Ça, ça m’emballe! C’est la beauté de mon métier d’auteur, l’essence même de ce pour quoi j’écris pour la jeunesse. C’est ça ma paye, ma récompense. C’est ce qui me nourrit le plus. Le reste, ce n’est qu’un petit baume passager, une tape dans le dos, un sourire approbateur. Ça fait du bien. Mais je n’écris pas pour cela. J’écris pour «Eux».

Et je suis content.

Laisser un commentaire

Recent articles

Recent comments