patrickisabelle.com

Information

This article was written on 08 Avr 2014, and is filled under Actualités, Blog, Opinion.

Dépassé

Aujourd’hui, je suis dépassé… pour plusieurs raisons.

Premièrement, sur un ton plus léger, je suis dépassé par la visibilité que mon roman Eux a la chance d’avoir. Je suis dépassé par autant de bons commentaires, d’amour et d’encouragements, autant des libraires que des lecteurs, que de la critique. Encore hier, j’ai eu droit à un très sympathique papier de Sophie Ginoux pour le quotidien Voir. Elle en avait déjà parlé à l’émission Catherine et Laurent sur CIBL il y a quelques semaines et j’ai été agréablement surpris et heureux de voir ça apparaître sur mon fil Twitter. En plus, hier a été publiée en ligne l’entrevue que j’ai donné à Josée-Anne Paradis de la revue Les libraires. Deux publications pour lesquelles j’ai toujours eu un immense respect. Et me voilà dans l’un et dans l’autre. Ça me dépasse. Ça m’encourage. Et c’est bizarre.

Puis tout ça s’est vite fait éclipsé par les élections… parce qu’hier, c’était le jour du scrutin pour les Québécois.

Je ne m’en cacherai pas, je suis d’allégeance plutôt gauchiste politiquement parlant, même si je déteste ce terme et que je le trouve péjoratif. Je suis de la tranche des rêveurs, des utopistes, je n’y peux rien. On m’a élevé comme ça, en encourageant la prise d’opinion, en primant des idéaux qui ne font pas nécessairement l’unanimité. Je respecte tous ceux qui votent différemment, c’est ça la démocratie. Je tente, la plupart du temps, de ne pas faire la morale et je juge que chacun a droit à son opinion, dans la mesure où chacun est assez informé pour pouvoir s’en forger une. Et pourtant, en ce lendemain d’élection, je suis dépassé par le résultat, par le choix des gens de ma province, de mon pays… mes semblables.

Je n’arrive pas à comprendre ce qui les pousse à encourager des partis qui n’ont rien à offrir, qui ne font que gouverner au lieu de construire, grandir, changer les choses. Nous venons de réélire un parti qui a été au pouvoir pendant neuf longues années de clavaire, de manifestations, de casseroles. Un parti qui se fout du peuple, de la classe moyenne, qui s’est acoquiné aux riches de ce monde, aux crosseurs, pour détruire le nord, le système d’éducation et le futur de toute une génération. Oui, il fallait faire payer Pauline, pour ses promesses non tenues, sa charte maudite, fragmentaire et maladroite. Mais à quel prix? Manque-t-on à ce point de vision? Est-il impossible de s’unir, enfin, autour d’un projet de pays dans lequel je n’aurai pas honte de mettre des enfants au monde? Ça me dépasse. Un gouvernement Libéral, majoritaire. Tout ça pour ça?

J’aime le Québec, je suis profondément enraciné ici. Je suis fier de m’identifier comme un artiste d’ici, de contribuer, ne serait-ce qu’un tout petit peu, à notre culture.

Mais aujourd’hui, j’ai envie de m’exiler.

Laisser un commentaire

Recent articles

Recent comments